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Subaru Outback – La théorie de l’évolution


Il y a plus de 150 ans, Charles Darwin énonçait le postulat selon lequel ce n’est ni le plus fort, ni le plus intelligent qui survit, mais plutôt celui qui s’adapte le mieux à son environnement et aux changements. Il ajoutait aussi que l’émergence de variations utiles traverse davantage le temps que les variations inutiles ou nuisibles. En transposant cette réalité à la jungle automobile où une pléthore de VUS se livrent concurrence sans pitié, on peut comprendre le secret de la longévité des véhicules Subaru.


Avec une approche novatrice de rouage intégral avancé et une configuration moteur unique de cylindres à plat, le constructeur nippon a prouvé il y a plus de 50 ans qu’un concept innovateur bien exécuté est garant d’un succès à long terme. Toutefois, comme le milieu automobile actuel n’offre plus aucun espace aux voitures dites «traditionnelles», Subaru a dû malheureusement sacrifier sa Legacy. Néanmoins, son grand frère, l’Outback, plus adapté à la réalité d’aujourd’hui, est plus que jamais dans la course et se voit bénéficier d’une importante mise à niveau pour 2026. En faisant l’essai d’une version Tourisme, j’ai voulu découvrir à quel point les changements sont importants et surtout quel est le secret de la grande fidélité de la clientèle envers la marque.


CARRÉMENT POLARISANT


Abordons d’office l’éléphant dans la place : son nouveau style ! En effet, Subaru mise gros en redessinant de fond en comble les lignes de son porte-étendard. Né il y a plus de 30 ans sous la forme d’une grande familiale surélevée tout-terrain, le look de l’Outback a évolué à pas mesurés jusqu’ici. Cette spécificité a été pour certains acheteurs une façon de bénéficier des avantages d’un VUS sous la robe d’une familiale. Malgré tout, le look robuste et les traits carrés marquent davantage de points aujourd’hui ce pourquoi Subaru a fait évoluer son style en ce sens.


Au premier abord, ses formes taillées à la serpe et son design plus chargé demandent évidemment un certain temps d’adaptation pour les habitués. Par contre, ce nouveau coup de crayon lui donne une belle présence sur la route et met davantage de l’avant ses capacités à affronter les chemins non balisés.



À l’avant, ses optiques en deux parties (qui incorporent des phares directionnels) ainsi que sa grande grille de calandre sur un faciès plat et massif mettent la table sur ce nouveau style. La version Wilderness en jette davantage avec ses plastiques noirs qui remontent sur tout l’avant, ses antibrouillard hexagonaux, sa plaque de protection en aluminium et les lettres SUBARU bien en évidence qui remplacent le logo habituel des Pléiades. Dans ce cas, c’est un peu trop chargé à mon goût personnel…


En y regardant de plus près, on remarque que les surfaces de plastique des bas de caisse et contours d’ailes portent en relief un motif d’éclaboussures, petit clin d’œil à son potentiel en hors route et bon camouflage pour d’éventuelles égratignures ! J’ai aussi apprécié l’idée de l’appliqué de plastique qui trône au sommet de la calandre et qui vient recouvrir le rebord du capot. Ceci ajoute une certaine protection sans recourir à un disgracieux déflecteur de capot.



En vue de côté, on reconnaît tout de même le look des générations précédentes avec un pilier arrière incurvé, une ligne de caisse très haute et les traditionnels longerons de toit offerts de série. La garde au sol assez haute et les plastiques qui cerclent tout le bas du véhicule donnent assurément l’envie d’aller jouer dans les bois !



L’Outback arrive de série avec des roues en alliage de 18 po dont le style cadre bien avec l’essence de la voiture. Les deux versions XT (Limited et Premier) agrandissent le tout à 19 po alors que le Wilderness s’équipe de roues de 17 po chaussées de pneumatiques prêts à affronter l’extrême.



Pour l’arrière, Subaru a gardé l’image globale du modèle précédent tout en adoptant une forme plus carrée et en intégrant une bande lumineuse sur toute la largeur. Ce design, à mon sens un peu générique, le fait paraître plus gros et rejoint l’essentiel du langage stylistique des VUS actuels. On note toutefois, le soir venu, le subtil motif de graduations dans le haut des feux arrière qui rappelle une boussole.


Pour ce qui est des couleurs extérieures, il est intéressant de constater qu’on nous offre un choix de coloris assez intéressant pour toutes les versions et ce sans supplément. Seule l’édition Wilderness offre une teinte de bleu spécifique qui le rend plus voyant en plus des divers accents jaune métallisé.



En ouvrant le grand hayon automatisé, il va sans dire que le nouveau Outback a du coffre ! Il offre non seulement un grand volume de chargement pour sa catégorie, mais aussi une bonne polyvalence d’usage. Équipé de nombreux ancrages, d’une prise 120V et d’une toile cache-bagages multi-usages, il s’adapte à tous les besoins. Grâce à une hauteur accrue pour 2026, on annonce un volume de 980L avec sièges relevés, espace suffisant pour accueillir confortablement un chien de taille moyenne. C’est du moins ce que le pictogramme près de l’ouverture du coffre nous indique!



Pour votre deuxième toutou ou encore pour profiter d’un espace maximal de 2280 litres avec plancher plat, on peut rabattre les sièges de 2e rangée en un tournemain grâce aux leviers sur les parois du coffre. L’utilisateur peut aussi profiter d’espaces supplémentaires sur les côtés ou encore sous le plancher où se trouve également un pneu de secours, item très pratique de plus en plus rare de nos jours…


Évidemment, toute la quincaillerie sous le plancher ainsi que la haute garde au sol entraînent le compromis d’un seuil de chargement plus haut. Ce n’est néanmoins pas une si grande surprise si on le compare à la concurrence dans le segment. Or, la concurrence, de son côté, permet une meilleure marge de manœuvre quant aux capacités de remorquage alors que l’Outback se limite à des charges entre 2700 et 3500 livres selon la version.



30 ANS D’OPTIMISATION


En s’installant à bord du nouveau Subaru Outback 2026, on remarque d’emblée que l’habitacle a évolué au fil des six dernières générations pour s’adapter aux besoins réels d’une clientèle fidèle, mais exigeante. On n’y trouve aucun motif ou forme tape-à-l’œil hormis quelques accents jaunes dans le Wilderness. Au contraire, le noir est omniprésent (sauf pour la livrée haute gamme) et la planche de bord est classique et rectiligne. 


Subaru s’est plutôt concentré à offrir une belle qualité de matériaux et d’assemblage, mais surtout d’organiser les contrôles de façon optimale autour du conducteur. En effet, les 2 écrans sont très bien intégrés au tableau de bord, la disposition des boutons au volant est claire et logique et le contrôle de la climatisation se fait comme à l’ancienne, avec des boutons et roulettes. En résumé, la prise en main du véhicule s’effectue de façon naturelle. On ne cherche pas à réinventer la roue !



Derrière le volant, la position de conduite est idéale pour tous les gabarits avec un excellent dégagement et des sièges curieusement très moelleux et confortables vu le type de recouvrement en similicuir dans la version à l’essai. Leur ajustement motorisé plutôt rapide et le très bon support latéral font rapidement oublier une assise que je trouve un peu courte. Il faut alors opter pour la déclinaison Premier pour avoir ce réglage de longueur d’assise en plus de la mémoire de position avec des sièges ventilés en cuir nappa. Quant au volant, il s’ajuste de façon manuelle, mais offre une belle prise en main avec un boudin assez massif.



Le confort à bord se ressent également grâce à un excellent système de climatisation à deux zones dont la rapidité de chauffage de l’habitacle m’a agréablement surpris lors de la dernière journée d’essai au cœur de la tempête ! Il est de plus équipé d’un capteur d’humidité pour limiter la buée dans les vitres. Les sièges chauffants très efficaces à trois intensités (aussi à l’arrière, sauf en version de base) ainsi que le volant chauffant s’opèrent rapidement, tout comme la climatisation, avec des boutons physiques.



Malgré tous ces «vrais» boutons, un bras de transmission traditionnel ainsi que la possibilité de verrouiller les portières via un levier physique, on est en 2026 et on fait face, sans surprise, à deux grands écrans de plus de 12 po. Alors que Subaru accusait jusqu’à maintenant un retard certain au niveau de sa technologie d’infodivertissement, c’est chose réglé avec le nouveau Outback ! Le rendu de l’affichage est désormais plus agréable à l’œil, les menus sont clairs et la navigation se fait de façon rapide et fluide. La présence d’un appui stable pour la main au bas de l’écran ainsi que les bips de confirmation de sélection rendent son utilisation efficace et sécuritaire sur la route.


Du côté de l’écran d’instrumentation, la présentation est aussi soignée et claire avec beaucoup d’informations disponibles. On ne peut que lui reprocher la façon de configurer l’affichage qui ne s’effectue qu’à partir de l’écran central dans une cascade de menus.



L’Outback 2026 est également équipé de série d’un port de recharge de cellulaire par induction et d’une connexion Apple CarPlay/Android Auto sans fil très facile et rapide au moment du jumelage de votre appareil. Pour les technologies moins récentes ou pour brancher divers gadgets, on retrouve deux entrées USB (Type A et Type C).


Pour ceux qui ont toujours les mains pleines, les espaces de rangement ne manquent pas à bord. Le coffre à gants est vaste et le bas des portières peut accueillir divers objets dans un espace drapé de moquette. On y trouve diverses autres petites cavités utiles comme un étui à lunettes au plafond et des vide-poches derrière chaque siège.



Les passagers arrière sont tout aussi choyés avec des sièges presque aussi moelleux et confortables qu’à l’avant. D’ailleurs, le nouveau Outback offre une des positions centrales arrière les plus confortables qu’il m’ait été donné d’essayer ! L’espace tant pour la tête que pour les pieds va dans le même sens, ce qui laisse par le fait même un excellent dégagement pour y installer de jeunes enfants dans leurs sièges.



En résumé, il ne manque qu’un peu de couleur pour mettre de la lumière dans cet habitacle qui frôle la perfection en termes de qualité, de confort, d’aménagement et d’ergonomie. Un modèle à suivre pour la concurrence…


CONFORT TOUT-TERRAIN


Membre de la même famille et donc ayant les mêmes attributs fondamentaux que la légendaire WRX, l’Outback n’a toutefois pas la même vocation. Cet écart se ressent particulièrement en version de base (celle à l’essai) alors que l’on conserve la même motorisation que pour la génération précédente, soit un bloc de 4 cylindres à plat de 2,5L atmosphérique. Inutile de vous cacher que sa puissance modeste (pour la catégorie) de 180 chevaux se fait sentir lors des manœuvres de dépassement ou en terrain montagneux, le tout accompagné d’un léger délai à l’accélération.


Heureusement, ses efforts pour garder le rythme demeurent peu audibles grâce aux améliorations notables quant à son insonorisation. On dénote aussi l’absence de modes de conduite hormis le «X-Mode» conçu pour les terrains accidentés. Curieusement, on ne peut régler la vivacité du véhicule seulement pour le régulateur de vitesse adaptatif…



Pour ce qui est des 3 autres versions, on accueille sous le capot une mécanique plus énergique qui se traduit par un moteur de plus petite cylindrée (2.4L), mais équipé de la turbocompression (soit le moteur de la WRX). Ses 260 chevaux semblent mieux adaptés à la topographie de notre belle région beauceronne!



Donc, au volant, avec la version Tourisme à l’essai, le confort prévaut sur le dynamisme. On parle ici d’un confort avec un grand «C», car au-delà de la qualité des sièges, les éléments suspenseurs font un travail de maître pour dissimuler les inégalités sur la chaussée. En virage appuyé, le châssis montre un excellent aplomb avec très peu de roulis grâce à la présence de barres stabilisatrices sur les 2 trains roulants. La version Wilderness en remet une couche avec ses amortisseurs électroniques et ses réglages avancés en hors route.


La direction offre une belle réponse en étant ni trop lourde, ni trop légère, mais pourrait être plus précise et incisive. C’est tout-de-même acceptable pour le segment. C’est au niveau du rayon de braquage plutôt réduit qu’on marque des points, facette qui se voit même améliorée avec la version Wilderness.


Au freinage, l’état de la chaussée ne m’a pas permis de bien évaluer son rendement de façon sécuritaire, mais j’ai pu constater tout de même une bonne stabilité du véhicule. Il faut dire que l'Outback comporte un système de gestion de priorité des freins en plus des habituels systèmes ABS. De plus, le véhicule offre la possibilité du serrage automatique des freins à l’arrêt (Auto-Hold). Toutefois, son utilisation demande chaque fois d’appuyer très fort sur la pédale de gauche pour l’engager.



Mis à l’essai vers la fin mars, les prévisions météo annonçaient une tempête hivernale quelques heures avant de remettre les clefs. J’en ai donc profité pour tester les capacités de la fameuse technologie de traction intégrale Subaru pour me rendre compte à quel point ce système est efficace. En situation d’adhérence précaire, on sent littéralement la puissance s’ajuster et se déplacer entre les roues pour venir stabiliser le véhicule et ce, tant en virage qu’en accélération. Nul besoin de vous dire que mon sentiment de sécurité était légèrement plus élevé qu’au retour avec ma petite Fiat  !


Au niveau transmission, on nous sert une CVT (rapports variables), mais qui est programmée en simulant une séquence de 8 vitesses (opérable aussi au volant). Ceci permet de limiter les désagréments sonores, tout en maintenant une consommation d’essence qui le place en tête de liste dans sa catégorie. En effet, on m’affichait aussi peu que 8,5L/100km autour du point de congélation dans un parcours mélangeant routes de campagne et autoroute ce qui est vraiment excellent pour une motorisation sans hybridation.



Après un weekend complet en compagnie du nouveau Outback 2026, on comprend très vite que la sécurité est au cœur des priorités chez Subaru. Évidemment, la bonne garde au sol offre une vue plus en hauteur mais, de façon générale, la visibilité dans tous les angles est excellente grâce à une grande fenestration et à des piliers minces. La caméra de recul est claire avec une vue large et est équipée d’un gicleur dédié en dotation de série. En montant dans les versions, on peut aussi se prévaloir d’une caméra 360º ainsi que d’un rétroviseur passager qui s’incline en marche arrière.


Le véhicule est également bardé de systèmes de sécurité active incluant entre autres alertes de circulation et de changement de voie, braquage automatique, neutralisation de l’accélérateur et détection de l’attention du conducteur. Très proactif, ce système baptisé Eye Sight a parfois été affublé du sobriquet «haïssable» dans le passé en raison de sa trop grande réactivité. Toutefois, en épluchant les divers menus, on nous laisse le loisir d’ajuster le niveau de restriction de plusieurs paramètres si certains sont trop dérangeants. Prévoir par contre ces ajustements avant de prendre la route, car l’accès aux menus est très restreint lorsque le véhicule est en mouvement et surtout lorsque la caméra détecte que votre attention se détache trop de la route. On vous a à l’œil…!



LA DURE SÉLECTION NATURELLE


Malgré toutes ses qualités reconnues par sa fidèle clientèle, on oublie souvent que l’Outback doit sa naissance, il y a près de 30 ans, à la berline Legacy dont il a été dérivé jusqu’à maintenant. Un duo solide et reconnu qui a évolué en parallèle avec le temps, mais dont l’engouement pour la Legacy s’est étiolé graduellement dans les 10 dernières années. La dure loi de la jungle a donc fait disparaître cette variante berline devenue boudée par la clientèle.


En contrepartie, l’Outback, faisant maintenant cavalier seul, s’est grandement mis à niveau avec un confort, une insonorisation, et un espace intérieur accru. En fait, on a raffiné une recette gagnante. Que l’on apprécie ou non son nouveau design, force est de constater que tout le reste est exécuté de main de maître. De plus, avec des tarifs qui demeurent plutôt intéressants face à la concurrence, nul doute que les étoiles qui surplombent sa calandre n’ont pas fini de briller ! 



PRIX DES VERSIONS (tous frais inclus, groupes optionnels en sus)


Tourisme : à partir de 43 757$

Limited XT : à partir de 51 061$

Wilderness : à partir de 52 061$

Premier XT : à partir de 54 061$


Texte : Tommy Coulombe

Photos : Tommy Coulombe

Données et informations : Subaru Canada, Wikipédia


Merci à Beauce Subaru pour le prêt du véhicule !


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