ESSAI ROUTIER – Cadillac Vistiq Sport 2026 Courant Alternatif : Le luxe réinventé
- Tommy Coulombe

- 16 nov.
- 11 min de lecture

D’une simple curiosité il y a seulement quinze ans, la voiture électrique est désormais bien implantée dans le paysage automobile canadien et ce, surtout au Québec. Toutefois, eu égard à divers enjeux enviro-économiques, la politisation de cette technologie a mis une certaine pression sur les fabricants automobiles pour accélérer le pas dans cette transition. Alors que certains manufacturiers rébarbatifs y allaient du strict minimum, d’autres plus proactifs ont opté pour une stratégie plus radicale.
C’est le cas de General Motors avec sa division Cadillac qui s’est donné pour objectif, il y a trois ans, d’électrifier graduellement l’ensemble du catalogue. En débutant avec le Lyriq, l’offre électrique s’est rapidement étendue au sein de la gamme jusqu’au «petit» dernier, Le Vistiq. En mettant à l’essai ce grand VUS de luxe, On Roule au Lac a voulu explorer l’impact de la technologie électrique chez Cadillac.
L’ATHLÈTE AU STYLE BRANCHÉ
Au premier coup d’œil, le Cadillac Vistiq en impose d’abord par son gabarit. Très massif et costaud, on peine à croire qu’il a un grand frère encore plus imposant : l’Escalade IQ! Néanmoins, les stylistes ont su lui donner cet air d’athlète en tuxedo avec de nombreuses touches qui le distinguent de la masse.

À commencer par cette grande calandre factice décorée de nombreux motifs au centre de laquelle trône le badge lumineux de la marque centenaire. Le dessin des phares verticaux très proéminents se veut aussi un élément exclusif aux produits Cadillac. On apprécie également les insertions subtiles de chrome aux tons bleus. Et le soir venu, à l’approche du véhicule, on assiste à la mise en lumière de l’ensemble avec une animation très réussie.


Contrairement au Lyriq avec son toit fuyant à l’arrière, le Vistiq, qui embarque 3 rangées de sièges, conserve sa stature de la proue jusqu’à la poupe. Comme le veut la tendance actuelle, la version Sport à l’essai troquait la majorité du chrome pour des accents noir lustrés. À l’inverse, les déclinaisons Luxe et Luxe Haut de Gamme plairont davantage aux plus nostalgiques. Toutefois, ce qui semble moins plaire à plusieurs est cette dernière fenêtre devant le pilier C un peu trop chargée en motifs qui jure un peu avec le reste!

À l’arrière, on retrouve ici encore la signature Cadillac avec les feux verticaux divisés en 2 sections. De façon générale, le style est plutôt réussi avec un hayon agrémenté de lignes qui viennent dynamiser le tout. Les lumières de recul sont placées dans le pare-chocs, mais on se rend compte à l’usage que cette disposition près du sol aide à y voir plus clair dans la caméra lors des manœuvres en pleine noirceur.

Le Vistiq est sans surprise équipé d’un hayon à ouverture automatisée mains-libre. Très sensible à notre présence derrière le véhicule, il s’est fréquemment ouvert sans réel besoin lors de notre session de photos! Profitons-en pour mentionner que son ouverture dévoile un espace de chargement supérieur à la moyenne (430 L) de la catégorie derrière la 3e rangée de sièges avec une volume supplémentaire disponible sous le plancher. De plus, un groupe de boutons permet d’abaisser les 2 dernières rangées à distance pour bénéficier d’un plancher presque plat et un volume total de 2271 litres.


Le Cadillac Vistiq est offert de série avec des roues de 21 po équipées de pneus auto-obturants, alors que sur les versions Platinum et Luxe Haut de Gamme on a droit à des jantes de 22 po (ou 23 pouces en option). Différentes teintes de carrosserie (variables selon les versions) sont offertes, mais seul l’argent métallisé de notre modèle d’essai est disponible sans supplément.

En s’attardant à la qualité de l’assemblage, un œil averti remarquera certains points à améliorer côté finition. Par exemple, une des poignées de portières rétractables à effleurement semblait s’user prématurément dû à un mauvais ajustement. Hormis ces quelques détails qui ne sautent pas réellement aux yeux, la solidité de l’ensemble et le choix des matériaux ne porte flanc à aucune critique.
TRADITION ET TECHNOLOGIE : LE PARFAIT ÉQUILIBRE
En montant à bord du Vistiq 2026, on remarque que malgré le niveau de technologie embarquée, Cadillac s’est gardé d’aller dans l’excès pour son habitacle. L’écran incurvé de 33 po est bien suffisant et ne dénature pas le style général. Plutôt que de nous offrir du tape-à-l’œil, on nous présente justement un habile mélange d’allure classique et de moderne.

Dans la plus pure tradition Cadillac, le chrome s’invite à l’intérieur et vient souligner la séparation entre les différentes surfaces sans surcharger le tout. Les matériaux sont bien choisis pour offrir une belle variation de textures (faux bois, aluminium brossé, similicuir, etc.) et de coloris. Notre modèle d’essai avait plutôt fière allure avec cette démarcation de couleur noire et blanche entre le haut et le bas. L’assemblage et la finition sont à la hauteur du prestige de la marque même si certains plastiques faisaient entendre quelques craquements au toucher. Avec seulement 50 km au compteur, on imagine que certains joints doivent encore se placer!

Selon la version et les options choisies, la sellerie blanche pourra être noire, bleue ou brune. Néanmoins, dans tous les cas, les sièges avant sont chauffants, ventilés et même avec une fonction de massage avancée que nous avons pu tester. Loin d’avoir l’impression désagréable d’un «rouleau à pâte» dans le dos, les divers modes de massage sont plutôt apaisants.
Le confort des sièges est ici indiscutable avec un très bon soutien latéral et de nombreux ajustements. Or, vu le gabarit du véhicule, on s’attendrait à un peu plus d’espace au-dessus de la tête. Même constat lorsque vient le temps d’entrer ou de sortir aux places avant alors qu’il faut se pencher la tête pour éviter de se cogner au toit. On ne se sent toutefois aucunement à l’étroit, notamment grâce au grand toit vitré qui éclaire énormément l’habitacle.


Le confort est clairement une priorité à bord comme en témoigne le système de climatisation avancé à 5 zones. Équipé de capteurs de qualité de l’air, son fonctionnement est très efficace avec une multitude de sorties d’air toutes ajustables à l’avant comme à l’arrière. Tendance actuelle oblige, on doit impérativement passer par un des écrans pour son fonctionnement. Car même à l’arrière, les passagers de 2e rangée ont accès à leur propre écran derrière la console. Ils peuvent même régler l’éclairage d’ambiance du véhicule en 3 zones distinctes avec les combinaisons de couleurs de leur choix.
Au niveau sonore, la chaîne audio AKG Studio transforme aisément l’habitacle en une salle de concert à travers ses 23 haut-parleurs dont certains se retrouvent dans les appuie-têtes des sièges avant. La modulation sonore avec une technologie 3D surprend et rehausse l'expérience d'écoute des plus grands classiques musicaux.


Tel que présenté un peu plus haut, la majeure partie des interactions se fera au moyen du pavé principal incurvé de 33 po posé sur la planche de bord. Le système d’info-divertissement, occupant la portion de droite, arbore une belle présentation et son fonctionnement est commun aux autres produits General Motors. Il est donc tout aussi simple et fluide à l’utilisation. En contrepartie, il est tout aussi réfractaire aux systèmes Apple Carplay et Android Auto, préférant s’en tenir aux applications Google intégrées.
L’apport Cadillac est ici visible par la présence de cette molette de contrôle au niveau de la console centrale dont le maniement est facile et naturel au point où on préfère l’utiliser plutôt que d’ajouter des marques de doigts sur l’écran! Les touches de raccourcis devant la molette de même qu’au volant offrent au conducteur la liberté de choisir la méthode de contrôle qu’il préfère.


Derrière le volant se retrouve la portion d’instrumentation. Contrairement à ce que certains mentionnent, le boudin du volant ne cache pas réellement l’affichage derrière dont le contenu a été organisé en conséquence. Ce contenu, entièrement personnalisable, peut afficher tant les données précises de consommation du véhicule que se transformer en un grand écran de navigation d’une qualité visuelle notable.
Tout à gauche du grand pavé se retrouve une liste d’onglets dont la disposition rappellera sans doute des souvenirs à ceux ayant conduit des véhicules GM au début des années 90! Ces touches raccourcis sont plutôt utiles et bien placées.


Ayant une très bonne note au niveau du confort et de la technologie, le Cadillac Vistiq déçoit un peu en ce qui a trait aux espaces de rangement. Non pas qu’ils soient insuffisants, c’est plutôt leur accès qui pourrait être amélioré. Par exemple, de grands espaces ont été aménagés sous la console centrale ainsi que derrière l’écran de climatisation, mais impossible d’y parvenir sans quitter la route des yeux pendant trop longtemps. Et que dire du coffre à gants dont on réfute la simplicité d’une banale poignée pour l’ouvrir obligatoirement à partir de l’écran central…

Jusqu’à 7 personnes pourront prendre place à bord du Vistiq. Du côté du modèle d’essai, l’option 6 places avait été choisie où des sièges capitaines avec appuie-bras viennent remplacer la banquette traditionnelle de 2e rangée. Cette configuration, livrée d’office avec les versions Platinum et Luxe Haut de Gamme permet d’offrir un niveau de confort quasi équivalent aux places avant. Au niveau du dégagement tant pour les jambes que pour la tête, c’est excellent.
Tout à l’arrière, on accède sans trop de problème à la banquette de 3e rangée dont le confort est correct. Le principal bémol vient surtout de la hauteur de l’assise par rapport au plancher où l'adulte moyen se retrouve avec les genoux surélevés. En contrepartie, ces passagers (idéalement des enfants ou ados avant leur poussée de croissance…) bénéficient d’appuie-bras extérieurs coussinés ainsi que de leur propre toit vitré. Ils roulent tout de même en Cadillac !


MAIN DE FER DANS UN GANT DE VELOURS
C’est au niveau de sa motorisation que le Cadillac Vistiq 2026 présente un clivage assez drastique par rapport à son équivalent à essence. Et aucun compromis n’a été fait. En effet, c’est ni plus ni moins que la paire de moteurs électriques du fougueux Lyriq V qui a été greffé au Vistiq.
Vu l’absence de coffre avant (communément appelé frunk), on peut visualiser toute cette mécanique en soulevant le capot. Car étrangement, tout est à nu sans aucun couvercle de finition.

C’est donc dans un silence surprenant que le Vistiq s’élance sur la route, propulsé par une puissance instantanée phénoménale de 615 chevaux et 650 lb.pi de couple. En mode «normal», cette mécanique propose une accélération franche, mais progressive et aisément modulable, soit le type de comportement souhaité pour un voyage en première classe. Or, si l’envie vous vient à toucher au logo rouge «V» au volant, soyez prêt à être violemment projeté vers l’arrière en appuyant sur l’accélérateur! Avec ce mode boost temporaire qui draine évidemment la batterie, la poussée vers l’avant est simplement incroyable!
La réponse au freinage est tout aussi franche et sécuritaire en situation d’urgence ce qui est très rassurant. La version Platinum est même équipée de freins avant Brembo. Au quotidien, la conduite à une pédale (à intensité de freinage ajustable) permet d’affronter la jungle urbaine en toute zénitude, ne serait-ce qu’après une courte période d’adaptation pour les non-initiés.
Comme on peut s’y attendre d’un VUS orné du blason Cadillac, le roulement est d’une grande douceur. La présence d’une grosse batterie entre les deux essieux permet une bonne répartition des masses et on sent le véhicule bien campé sur ses roues. Avec une technologie de contrôle continu de l’amortissement (CDC), le Vistiq filtre habilement la piètre qualité des routes du Québec sans pour autant être trop molasse comme à la belle époque. Encore ici, en montant en gamme, les versions Platinum et Luxe Haut de Gamme s’équipent d’une suspension pneumatique adaptative pour le summum du confort.

Malgré le niveau de performance de ce grand VUS, la direction manque un peu de précision avec un petit flou au centre. La sélection du mode «Sport» joue légèrement sur la fermeté du volant, mais n’améliore pas le toucher de la route. On peut toutefois lui pardonner ce point vu sa vocation de navette de luxe. De plus, sa dynamique de conduite n’est pas trop entachée par un poids déraisonnable vu la taille de sa batterie plus contenue que ses cousins pleine grandeur (Escalade IQ, Silverado/Sierra EV, Hummer EV). Il est à noter que la direction aux 4 roues est offerte avec les versions Platinum et Luxe Haut de Gamme, technologie très réussie que nous avons eu l’opportunité de mettre à l’essai dans le GMC Hummer EV.
L’expérience à bord est rehaussée évidemment par le silence de la motorisation ainsi que par l’utilisation de verre acoustique et par un système de neutralisation active du bruit. Seuls de subtils bruits de roulement à haute vitesses sont audibles ou encore en sélectionnant le mode «Sport» qui diffuse un son artificiel en accélération.

Sans surprise, le Cadillac Vistiq embarque de série le summum des aides à la conduite chez GM : le fameux Super Cruise. Signalé par une bande verte au sommet du volant, son activation transforme littéralement le conducteur en passager tant la précision du guidage est surprenante. On doit cependant garder les yeux sur la route, car on vous a à l’œil! Le volet sécurité n’est surtout pas négligé avec une pléthore de capteurs et d’alertes (parfois un peu sensibles, mais ajustables) qui veillent à ramener le véhicule et ses passagers à bon port en un seul morceau. Seuls les systèmes de vision nocturne et d'affichage tête haute à réalité augmentée sont réservés aux deux versions supérieures.
Malgré tout, le conducteur (ou du moins celui assis derrière le volant…) profite d’une belle visibilité partout autour du véhicule pour réagir promptement au besoin. On note un certain angle mort au ¾ arrière, mais on a vu pire ailleurs. De toute façon, le rétroviseur central projette l’image d’une caméra arrière ajustable éliminant tout obstacle dans le champ de vision.

Ce dernier venu dans la famille Cadillac hérite de toute l’expérience du constructeur en termes de technologie électrique. Malgré tout, GM s’est gardé de lui greffer son immense bloc batterie de plus de 200 kWh ce qui est somme toute une bonne décision. Évidemment, avec son réservoir d’électrons de 102 kWh, son autonomie, variant de 483 à 491 km selon les versions, est sous la moyenne de la catégorie. Par contre, ce léger compromis (négligeable au quotidien) permet, d’une part, d’éviter un surpoids pour favoriser une meilleure dynamique, mais aussi d’offrir un prix d’achat beaucoup plus compétitif que ses rivaux.
Au cours de notre essai effectué sur des routes de campagne à des températures assez clémentes de début d’automne, nous avons obtenu une consommation électrique variant entre 23 et 26 kWh/100km. Ces valeurs calculées (car on nous les affiche seulement en km/KW) renvoient à une autonomie réelle estimée à environ 415 km dans ces conditions. Il est donc réaliste de penser qu’en milieu urbain en saison estivale, l’autonomie annoncée par le constructeur est atteignable.
Au niveau de la recharge, le Cadillac Vistiq s’équipe d’un système standard 400V qui permet une puissance allant jusqu’à 190 kW sur les bornes rapides (Niveau 3). On est loin des 350 kW issus de l’architecture 800V dans certains autres produits GM, mais au vu de la taille de la batterie, c’est très acceptable. En contrepartie, pour les recharges à la maison (240V), les versions Luxe Haut de Gamme et Platinum sont très efficaces avec un module embarqué permettant une puissance jusqu’à 19,2 kW avec un chargeur mural PowerUP+ (vendu séparément).

Au quotidien, le plein d’électrons est simplifié par un positionnement optimal du port de recharge vers l’avant comportant un panneau à ouverture motorisé et bien éclairé. De plus, lorsque le véhicule est branché, les feux verticaux se transforment en indicateurs de niveau de charge via une jolie animation de remplissage.
L’«Electro-luxe» aux grandes aspirations!
Vu l’instabilité du marché des véhicules électriques, grandement influencé par le contexte sociopolitique actuel, Cadillac a récemment annoncé que sa transition complète vers le 100% électrique allait attendre encore quelques années. Comme quoi mettre tous ses œufs dans le même panier est un pari un peu risqué…
Néanmoins, la vision proactive de la marque a permis en peu de temps d’ajouter au catalogue une gamme complète de modèles électriques. En prenant le volant du nouveau Vistiq 2026, nous avons pu constater à quel point l’électrification vient rehausser l’expérience chez Cadillac sans dénaturer la recette. Cette technologie apporte un souffle de dynamisme et ce dans une ambiance plus que jamais feutrée et silencieuse, le tout en faisant le plein à la maison pour aussi peu que 10$!

PRIX DES VERSIONS (tous frais et taxes de luxe inclus, taxes de vente non incluses)
Luxe ou Sport : 96 425$
Luxe Haut de Gamme : 117 070$
Platinum : 125 110$
Prix de la version à l’essai (Sport + Options) : 97 319$
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Texte : Tommy Coulombe
Photos : Tommy Coulombe, Cadillac Canada
Données et informations : Cadillac Canada, Wikipédia
Merci à St-Georges GM pour le prêt du véhicule !
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